MOUTAROU

Au Sénégal il y a beaucoup de pressions sociales. Pratiquement, tout le monde fait face à ce phénomène dans tout le pays, les femmes aussi bien les hommes. 

En ce qui me concerne, je suis l’aîné hommes, ce qui me donne un statut de soutien de famille. Au Sénégal, on a des familles nombreuses, ce qui fait que souvent, les enfants sont appelés à fournir le soutien de famille pour subvenir aux besoins des frères et sœurs et des parents. Je suis dans cette situation-là car je suis le troisième enfant et le premier garçon. 

Donc, je dois subvenir aux besoins de ma famille puisque, mon père étant âgé maintenant, je suis le seul qui a un travail décent alors, c’est une obligation de donner la dépense quotidienne et assurer les autres besoins familiaux comme l’éducation de mes frères et sœurs et gérer les besoins de mes deux parents. 

Ce fardeau au-dessus de ma tête pesait tellement lourd que cela a eu des conséquences sur toute ma vie, dans tous les domaines. Il fallait que je réussisse dans mes études et que je gagne un bon travail qui pourrait me satisfaire et me permettrait de subvenir aux besoins de ma famille. Etant donné qu’à l’Université il y avait beaucoup de grèves, je ne pouvais pas me permettre de retard les échéances alors, j’ai quitté plutôt les études pour aller chercher du travail pour aider mon père. L’autre conséquence c’est que je ne pouvais plus choisir vraiment ce que je voulais dans ma vie. Je devais juste trouver un travail quel que soit le salaire. 

En quelques sortes, ma vie ne pouvait plus compter vraiment car mon devoir était d’aider la famille quel que soit le sacrifice de ma propre vie.  

Toute la famille s’attendait à ce que mon succès soit effectif pour apporter de la nourriture sur la table, pour permettre à tout un chacun d’avoir une éducation et de pouvoir assurer la bonne santé de tout le monde. Jusqu’ici tout va bien et que la famille ne manque de rien mais quand même il y a une partie de moi qui ne vit pas totalement ce dont elle aurait aimé vivre. Mais c’est la vie, c’est le Sénégal, c’est comme ça quoi. 

Ce qui est bizarre dans tout ça c’est que mon père m’a poussé tout le temps à me marier très tôt en même temps, il voulait que je le seconde dans sa propre famille. Pour moi, les deux ne pouvaient aller ensemble car, si je me mariais comme il le voulait, je n’aurais pas eu la possibilité de l’aider convenablement puisque j’aurais eu une épouse à nourrir et peut-être des enfants en charge. Mais, mon père ne voyait pas ça et disait que seul Dieu sait ce qui devant nous. C’est vrai mais en même temps, l’être humain propose et Dieu dispose.

Une autre pression que j’ai subie pendant longtemps et continue de subir c’est de me marier. Mon père voulait que je me marie à l’âge de 24 ans. Il a voulu que je marie une fille que je n’avais jamais vue de ma vie. Il continue toujours à me mettre la pression puisque je suis sorti d’un mariage avec une femme américaine qu’il n’a pas du tout digéré car pour lui, marier une femme qui n’est pas Peul c’est comme si je ne me suis toujours pas marié. Même quand j’avais ma femme américaine, il continuait toujours à me dire de me marier. Je rigolais et je lui disais oui bientôt. Il n’a pas arrêté de me mettre la pression et surtout, il me rappelait toujours mes devoirs de musulman et surtout en tant qu’homme et d’aîné de la famille. Il voulait que je montre un exemple positif à mes frères qui venaient après moi. 

Au début il me disait que je devais me marier avec une femme d’ethnie Peul comme moi de ma famille, c’est-à-dire une cousine. Ensuite, étant donné que je n’ai pas suivi, il a changé de tactique en me disant de chercher une fille musulmane seulement. Puis, il me disait que cela ne le dérangerait pas si la fille n’était pas d’ethnie Peul mais une musulmane de bonne famille. 

Il me rappelait chaque fois que je le voyais. Etant donné que je vivais à Dakar et que j’allais à Thiès chez nous une fois par mois, il n’hésitait point de me mettre la pression pour que je me marie. Depuis, je vis avec ce fardeau et cette pression sociale. Je pense que nous devons changer la façon dont nous faisons les bébés et nous devons penser à leur avenir.

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