l’Auteure de Maitresse d’un homme marie: KALISTA

Cette semaine, nous nous sommes entretenues avec une femme forte et courageuse qui a matérialisé une idée en série de télé aimée de beaucoup de gens du monde entier, MAÎTRESSE «d’un homme marié ». KALISTA SY est l’auteure de cette série et elle a partagé avec nous un peu de son parcours pour faire passer la série sur grand écran, et de qui elle est ! Voyons ci-dessous ce qu’elle a à nous dire !

AIDA : Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre éducation et votre parcours ?

KALISTA : J’étais journaliste. Je pense qu’on le reste à vie (rire). Je suis allée à l’école pour cela et j’ai pris un chemin très classique pour y arriver. Je suis récemment devenue auteure, étant passionnée par l’écriture depuis petite, on peut sans se tromper dire que c’est ma destinée. J’ai écrit la série MAÎTRESSE «d’un homme marié ».

Je suis un produit 100% du Sénégal. Je suis née et j’ai grandi au Sénégal, j’ai étudié au Sénégal, je travaille au Sénégal, et j’aime le Sénégal. Il y’a en moi cette fierté de le dire. Car il est important que les gens qu’on peut réussir ses rêves au Sénégal.

AIDA : Comment avez-vous eu l’inspiration pour le scénario ?

KALISTA : Je faisais partie d’un groupe de femmes, entre autres rubriques, il y’avait des chroniques. Nous parlions des histoires  de Femme. Des vécus qu’une femme sénégalaise typique pourrait rencontrer – de vrais problèmes comme la polygamie, l’infidélité, etc. J’ai partagé les histoires que j’ai écrites avec une de mes amies qui m’a poussée à en faire quelque chose de plus ; c’est là que l’idée de la série est née.

Une amie Khadija Déme « Adja » du nom de la série m’a présenté à Mass. Trois ans se sont écoulés avant le lancement de la série! Je voulais aborder des sujets réels au delà juste d’une histoire d’infidélité.  Porter sur écran nos vies de femme, nous en avons plusieurs.

Les histoires ont donc évolué avec le temps et de nouveaux personnages sont apparus pour en faire une histoire cohérente avec des personnages interconnectés. Cela a contribué à créer l’authenticité de la série.

Je voulais que ça soit attrayant et pas seulement des histoires isolées.

Le point central de la série reste les visites chez le Thérapeute. Cela aborde deux problèmes dans notre société : l’idée d’obtenir de l’aide pour des problèmes de santé mentale et la notion que nous voulons tous seulement parler à quelqu’un. Ainsi, dans la série, beaucoup de personnages voient ce thérapeute à l’insu de tout le monde, et sans savoir eux-mêmes que quelques proches cherchent également de l’aide pour des problèmes desquels ils souffrent. Ils sont tous liés.

AIDA : La série aborde beaucoup de sujets dont nous ne parlons généralement pas dans nos foyers en grandissant au Sénégal. C’est assez impressionnant de voir comment ces sujets sont abordés un à un. Qu’est-ce qui vous a poussé à aborder ce que certains pourraient appeler des sujets “tabous” ?

KALISTA : Dans la vie, quand vous travaillez sur quelque chose qui va être consommée par d’autres, vous voulez évidemment que le travail soit bon. Vous voulez qu’ils aiment ça ! Je pense que les histoires sont réalistes et que tout le monde qui regarde se retrouve dans un personnage ou un autre. Les problèmes que nous abordons sont réels, que nous en parlions ou pas.

Certains concepts et sujets abordés, tels que la sexualité de Marieme ou certaines scènes intimes entre couples mariés, ont fait l’objet de commentaires. Notre intention n’est pas d’être vulgaire, mais de montrer ce qui se passe dans la vie réelle et sous de multiples angles. Tout le monde ne le voit pas de la même façon et nous respectons les points de vue différents, mais je suis fière de mon travail et je le maintiens. 

AIDA : Souhaitez-vous changer ou avez-vous modifié quoi que ce soit au sujet des scénarios en fonction des commentaires ?

KALISTA : Non, je crois en mon travail et aux messages que je tente de véhiculer et de partager avec les téléspectateurs. À la fin, moi-même et le personnel de l’émission avons le dernier mot. J’ai toujours maintenu mon indépendance, y compris mes idées et mes convictions. Doxuma ci lu ñakk fayda et c’est tout.

Des sponsors se sont retirés à cause de la peur de représailles, mais cela ne nous a jamais arrêtés. Nous avons continué le travail et aujourd’hui, nous disons Alxamdulillaa.

AIDA : Avez-vous pensé à d’autres scénarios / histoires sur lesquels vous aimeriez travailler ?

KALISTA : Je pense qu’il y a une tendance à vouloir faire plus, surtout si vous avez un succès la première fois. Mais je ne crois pas à l’idée d’avancer juste pour avancer dans le même ordre. Je crois en bouger avec un but. Nous devons penser à l’impact de cette série, non seulement au Sénégal, mais dans le monde entier. Nous devons continuer à travailler dur pour la finir en paix. Nous ne pouvons pas nous permettre de faire des erreurs, alors nous gardons la tête basse, finissons en force, puis prenons un moment pour réfléchir. Réfléchir vraiment sur l’impact de cette série avant de travailler sur une autre. Il est trop tôt pour penser à une autre série pour le moment. Après la série l’heure sera au recul et à l’observation.

AIDA : Avez-vous déjà approché d’autres maisons de production avant Marodi ou… comment avez-vous fait ?

KALISTA : J’ai parlé avec quelques autres entreprises et j’ai eu beaucoup de refus. Les refus et les réactions combinés ont beaucoup aidé, je dirais. Cela m’a aidé à perfectionner davantage mon histoire et m’a permis de me perfectionner à chaque fois.

Quand j’ai finalement rencontré Mass de Marodi, dans les cinq minutes qui ont suivi, le projet était ficelé. Je n’ai pas regretté cela. Je travaille avec des personnes qui apprécient les efforts et le travail acharné nécessaires pour en faire un succès. J’adore travailler avec Mass et toute l’équipe de Marodi. Ils aiment le projet autant, sinon plus, que moi.

AIDA : Lorsque nous pensons à Kalista, qu’est-ce que vous pouvez nous dire pour nous aider à comprendre comment vous êtes devenue la femme que vous êtes aujourd’hui ? Je pose la question parce que dans la société sénégalaise, ce n’est pas tous les jours que vous rencontrez quelqu’un qui soit si audacieux d’avoir ces idées et ces ambitions et de les mener à bien. Je pense que ça va de mieux en mieux, mais que c’est définitivement un parcours alors qu’est-ce qui / qui vous a fait aimer ça ?

KALISTA : Ma mère et mon parcours jusqu’à aujourd’hui. Ma mère a divorcé avec quatre enfants en charge. En grandissant, je la regardais travailler sans relâche et elle nous a inculqué de grandes valeurs. Dignité. Détermination. Persévérance. Qu’on peut traduire en Wolof par Nguor-Foula-Fayda-Diom. Cela m’a fait croire en moi et aimer toute femme qui croise mon chemin avec la même ferveur.

Je pense que nous devrions tous croire en nous et en notre potentiel dans ce monde. La femme qui vend de la tomate sur le marché aujourd’hui peut vivre jusqu’à démarrer sa propre entreprise de production et de conditionnement de tomates concentrés demain. La maquilleuse qui cherche des vidéos YouTube pour améliorer sa technique aujourd’hui peut créer son espace de maquillage ou sa propre ligne de maquillage demain.

Dans cette vie, nous avons tous des problèmes. Problèmes d’argent. Problèmes de famille. Problèmes de relation, de santé. Nous luttons tous contre quelque chose. Mais vous devez croire en vous et continuer à avancer. J’ai eu des jours difficiles, mais je les ai surmontés et aujourd’hui, Alxamdulillaa. C’est bon de tomber ; vous devez juste vous relever à chaque fois, c’est impératif.

AIDA : Quel est votre modèle ?

KALISTA : Je tiens simplement à souligner qu’un modèle exemplaire ne doit pas nécessairement être très éloigné (c’est-à-dire une célébrité). Les gens proches de nous font de grandes choses et donnent l’exemple – nous pouvons aussi nous inspirer d’eux.

AIDA : Quel est votre slogan ?

KALISTA: Yalla mooy takk, mooy tekki. Lépp lu am, Yalla la. (Dieu est le faiseur de toutes choses, tout ce qui se passe est à cause de sa volonté.)

Je ne sais pas pour vous les gars, mais je suis une fois de plus inspirée. Cette femme brillante est une âme extraordinaire et nous la remercions de nous avoir consacré du temps ! Je pense que nous pouvons tous apprendre quelque chose de son courage et de sa vision, non seulement pour la communauté sénégalaise, mais pour le monde entier ! Merci encore KALISTA ! ❤

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